Nathalie, Marraine Plan

Nathalie, Marraine Plan

Nathalie Chantrain a traversé la moitié du globe pour rencontrer Triyanti, sa Filleule Plan en Indonésie.

Avant le départ

Il y a environ un an, en réponse à une carte postale envoyée d'une destination 'exotique', j'ai reçu une adorable lettre de Triyanti: "We are happy to receive your letter and had read about your travelling to Rumania, Finland and planning to Germany. We never travel like you and impossible to do that. If you have time, could you visit our country, especially my village?"

Une question simple, et oui, c'est possible, en effet, donc il ne me restait aucune excuse pour ne pas le faire. Octobre 2009, un an plus tard... Je fais nerveusement signe de la main à mes compagnons de voyage avant de monter dans la jeep avec l'équipe de Plan Indonésie. Après 4 vols et 20 heures en altitude, 3 jours de voyage et une longue période de planification fiévreuse, nous arrivons à destination.

Plan IndonésieBureau de Plan Indonésie

Premier arrêt au bureau de Plan, qui travaille en Indonésie depuis 1999. Depuis 2006, l'ONG est aussi active dans le village de Nanghale, où vit ma Filleule Plan. En tant que 'Marraine Plan de la première heure', je ressens une pointe de fierté un peu déplacée. L'équipe de Plan me montre une présentation: ils sont passés de 15 villages à 39 aujourd'hui. Au début, les villages étaient conseillés par les autorités. Aujourd'hui, les villages prennent eux-mêmes contact avec Plan pour intégrer le programme.

Après cette introduction au bureau, j'achète - en compagnie de l'équipe - quelques petites attentions pour l'école locale, l'école maternelle et les parents de ma Filleule Plan. Et en voiture pour 'le moment suprême': une visite au village. Triyanti, ma Filleule Plan, habite dans un des villages les plus accessibles, situé à une heure de voiture. Un village qui compte quelque 2.500 habitants (environ 700 familles), 3 école primaires (tant catholiques qu'islamiques).

Visite à l'école

Nous rencontrons tout d'abord le directeur de l'école de Triyanti. Dès que je sors de la voiture, un groupe d'enfants se presse autour de moi. Je suis la deuxième Marraine Plan à avoir visité ce village.Tout le reste de la journée, je sens posés sur moi des regards curieux. Nous parlons avec le directeur de l'organisation de l'école et des projets de Plan. L'école compte 128 enfants et 6 classes, répartis dans 5 locaux seulement. Le matériel de sport et le mobilier sont financés par Plan. L'organisation soutient aussi des projets liés à la santé et à l'hygiène.

Nous nous rendons ensuite dans la classe de 6e. Au premier rang, je reconnais Triyanti, qui me regarde timidement, dissimulée derrière ses camarades rieuses. Elle se place à côté de moi devant la classe. Oktavianus, membre de l'équipe de Plan et interprète pour l'occasion, explique qui je suis et invite la classe à poser des questions.

Quelques doigts téméraires se lèvent, mais se se défilent dès qu'on leur demande de poser leur question. Mes connaissances scolaires de la Belgique sont mises à rudes épreuves (ou comment répondre à la question « quelles sortes de recherches sont menées dans votre pays? »).

Heureusement, dans le local de classe suivant (4e et 5e années), j'ai plus de repères. J'aperçois une carte du monde au fond de la classe et demande spontanément qu'on l'amène devant. Pour que je puisse montrer aux élèves tout le trajet que j'ai parcouru depuis la Belgique. Les enfants sont très impressionnés. Mais je le suis encore plus quand ils me chantent une chanson sur ma visite. Triyanti reste très timide.

Sur le chemin de l'école maternelle, nous entrons dans la 'maison communale'. Un coup d'oeil sur le plan de la ville et on comprend que Nangahale est un village très organisé. Il s'est en grande partie constitué après la migration de la population lors du tremblement de terre de 1993. Il est assez étonnant que nous connaissions si bien le tsunami plus récent, mais que la population locale parle beaucoup plus du séisme de 1993. Plus loin, nous voyons une nouvelle illustration du travail que Plan effectue ici: trois locaux de classe douillets pleins de matériel de jeu et plusieurs toilettes en construction.

En famille avec ma Filleule Plan

 

Après cette partie officielle de la visite suit un moment passionnant: je suis invitée à prendre le lunch dans la famille de Triyanti. J'enlève mes sandales, je sers quelques mains et avant que j'aie pu le réaliser, je suis en pleine conversation avec la famille de ma Filleule Plan. Tout cela sous l'oeil attentif de nombreux enfants qui passent leur tête par les fenêtres ouvertes et des autres membres de la famille qui nous regardent depuis la cuisine.

Oktavanius utilise le récit de mon voyage pour briser la glace. Il me montre aussi les photos accrochées au mur: des photos que j'avais envoyées avec mes lettres. L'image de ma soeur et moi dans une luge au beau milieu d'un paysage enneigé de Laponie semble surréaliste dans la chaleur tropicale où nous sommes à l'instant. Dans un moment de silence, je donne aux enfants de petites attentions. Tout le monde est très intrigué par un petit puzzle à colorier soi-même. Le concept de puzzle leur est visiblement totalement étranger.

La conversation va bon train et nous discutons de la méthode de pêche utilisée par le père de Triyanti. Il s'avère qu'il n'a pas de bateau personnel, mais un ami présent me montre spontanément le matériel de pêche: en essence, un long câble de nylon entouré autour d'un gros récipient en plastic, terminé par un hameçon duveteux.

La pêche a lieu sur une autre partie de l'île. Il arrive donc souvent que le père de Triyanti s'absente plusieurs jours, voire semaines, loin de sa famille. Je me sens honorée qu'il ait planifié son retour chez lui en fonction de ma visite et m'excuse qu'il ne puisse pas pêcher aujoud'hui pour cette raison. Par ailleurs, ce poisson est absolument délicieux!

Adieux émouvants

Ma visite touche doucement à sa fin. Je les remercie chaleureusement pour leur accueil. Les poignées de main sont remplacées par une chaleureuse embrassade et Triyanti m'accompagne encore à la jeep. Quand je fais signe une dernière fois à Triyanti, l'émotion m'envahit. La fin d'une journée pleine de sens, comme il y en a peu.

Merci à Alketa de Plan Belgique pour son aide dans la préparation de la visite.
Merci à  Oktavianus pour son accompagnement.
Cette visite a été une rencontre profonde et improbable entre deux cultures.

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