Traite des enfants au Bénin

Traite des enfants au Bénin

En juillet 2007, Plan Belgique a lancé un projet de lutte contre le trafic d’enfants au Bénin.

Problème complexe

La traite des enfants au Bénin est un problème complexe. Traditionnellement, les enfants de la campagne sont envoyés chez des proches en ville pour aider aux tâches ménagères, mais aussi pour avoir une vie meilleure. Ils peuvent aller à l’école, apprendre un métier et peut-être même trouver un conjoint avec qui se construire un meilleur avenir. Ces dernières années, cette tradition a toutefois évolué vers un trafic des enfants. Des trafiquants les enrôlent comme main d’œuvre dans les plantations et les carrières, comme travailleurs sur les marchés, etc.

Victimes

Les enfants les plus touchés sont issus de familles nombreuses marginalisées, pauvres et sans éducation. En échange de 30 euros à peine, ils sont enlevés à leurs familles  très tôt avec la promesse de pouvoir aller à l’école et de revenir avec une belle épargne. Cette promesse n’est toutefois jamais tenue. Une étude indique qu’il y a au Bénin environ 40.000 enfants mis au travail illégalement. La plupart d’entre eux disparaissent, utilisés comme esclaves bon marché au Nigéria ou dans des entreprises agricoles en côte d’Ivoire.

PROTECT

Plan Bénin a développé un projet de grande envergure nommé ‘PROTECT’. Les trois volets du projet sont : prévention, accueil et conscientisation. Le projet prévoit différentes mesures pour lutter contre la traite des enfants.

Prévention

Dans la plupart des villages, Plan a créé des comités surveillance chargé de veiller sur les familles les plus vulnérables. Qui habite loin du village ? Sont-ils très pauvres ? Les enfants ont-ils un extrait d’acte de naissance ? Les comités transmettent ces informations à la police. Ils mènent leur enquête pour savoir si les  familles ont déjà été abordées par des trafiquants d’enfants et les informent sur les risques potentiels. Les responsables des villages, les enseignants et les membres des associations locales ainsi que les comités d’enfants sont de très bons observateurs. Les membres des comités d’enfants surtout, sont rapidement devenus les personnes de confiances des autres enfants du village. Ils protègent les autres jeunes de leur âge.

Les citoyens ne peuvent pas assurer la prévention à eux seuls. Les services de la police sont également mobilisés. En 2007, les brigades de 6 communes ont reçu une formation et de meilleurs équipements pour réagir rapidement et efficacement contre les trafiquants d’enfants.

Certains non-initiés peuvent aussi servir d’intermédiaires après une courte formation juridique. Ces ‘para-juristes’ et juristes reçoivent une formation particulière en matière de prévention, de médiation et d’accueil des enfants.

Accueil et réinsertion

Plan Bénin soutient les institutions sociales chargées d’accueillir les enfants qui reviennent dans leur communauté. La plupart sont traumatisés, abusés sexuellement et sont porteurs du virus du SIDA (VIH). Dans les centres de formation, les jeunes peuvent se reposer. Ils reçoivent une aide psychologique et peuvent parler ensemble de leur expérience. Les centres offrent aussi une formation professionnelle, pour que les victimes aient une nouvelle chance au sein de leur communauté.

Conscientisation

Familles et communautés doivent être conscientes de leur vulnérabilité. À l’école, les enfants eux-mêmes  donnent des informations sur comment se protéger des trafiquants d’enfants. Ils donnent le bon exemple en soutenant activement les comités de prévention et d’enfants.

Responsabilité gouvernementale

Pour lutter efficacement et durablement contre la traite des enfants, le gouvernement et la justice doivent mettre en place les mesures nécessaires.  Plan encourage les autorités et la justice locale à être plus stricts avec les trafiquants d’enfants et à réellement punir les fautifs. Le laxisme et la corruption sont ouvertement dénoncés par la communauté et cela semble avoir impact sur les autorités locales.

Les autorités sont responsables de la poursuite judiciaire des trafiquants d’enfants, du rapatriement  et de l’enregistrement à la naissance des enfants. En collaboration avec le parlement des jeunes et d’autres ONG ? Plan incite à une lutte cohérente et donc transfrontalière de la traite des enfants.

Témoignage

Quand mon grand-père est mort, mon père n’avait pas assez d’argent pour payer l’enterrement. Il m’a échangée contre 40.000 francs CFA (60 euros). Mes oncles n’étaient pas d’accord et ils m’ont rachetée.
Après cela, j’ai dû travailler pour eux et vendre des tissus sur le marché. Ils m’avaient pourtant promis que je pourrais apprendre à coudre. J’ai fui et ai porté plainte chez le bourgmestre. C’est comme ça que je suis ici. Tout ça pour 40.000 francs CFA.


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