100 jours après le coup d'État

Le coup d'état de fin juin 2009 a généré un climat d'insécurité et de tensions au Honduras. Il est dès lors plus difficile de promouvoir une citoyenneté active parmi les jeunes.

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Plan Honduras et Plan Belgique soutiennent plusieurs groupes de jeunes depuis 2003. À travers ces groupes, les jeunes s'efforcent de défendre leurs droits. Notamment celui d'être davantage écoutés et de voir leurs opinions prises en considération. Le coup d'État ne facilite pas l'exécution du projet. Un de nos collaborateurs sur place témoigne:

En ce moment, il est très difficile de promouvoir la citoyenneté active dans les villages. Le coup d'État a entraîné une polarisation et une radicalisation au sein de la population. Du coup, la participation est un sujet très sensible. Plan Honduras continue néanmoins à poursuivre son objectif de mobilisation. Mais la sécurité du personnel reste une priorité: parfois, la prudence est l'unique option envisageable."

Instabilité sociopolitique

"Dans les villages, ce conflit se traduit en une rupture des relations sociales et même affectives entre les individus et les institutions", explique notre collaborateur sur place. "À cause du coup d'État, beaucoup de fonctionnaires et de personnalités politiques avec lesquels Plan entretenait de bonnes relations ont été remplacés". Ceux qui restent sont peu nombreux et remplissent une autre fonction aujourd'hui. Plan cherche une solution pour surmonter ce problème".

"Mais ce n'est pas tout. Ce gouvernement n'est pas valable en droit. Il n'est pas reconnu sur la scène internationale. Cela hypothèque tout le travail en cours. Les autorités sont censées garantir les droits des plus jeunes. Pour l'instant, les organisations qui travaillent sur les droits de l'enfant ne coopèrent pas. Le coup d'État a divisé les opinions sur la manière dont nous devons travailler dans le contexte actuel. Je m'attends à une augmentation de l'instabilité politique au cours de l'année à venir."

Un militant syndical en visite à Bruxelles

Début octobre 2009, Erasto Reyes est venu en Belgique. Il est représentant du Front National de Résistance Contre le Coup d'État. En tant qu'avocat spécialisé en droit du travail, il est déjà engagé au niveau syndical depuis de nombreuses années au Honduras. Il nous dépeint la situation comme suit: "Les problèmes au Honduras sont nés longtemps avant le coup d'État. Le modèle néolibéral a produit 40% de pauvres et 20% d'analphabètes".

La conscience politique ne cesse de croître au sein des organisations populaires. Après le coup d'État, beaucoup de femmes et d'enfants sont descendus dans la rue."

Défendre la démocratie

"La résistance contre le coup d'État est basée sur la constitution nationale", explique Reyes. "L'article 3 stipule que personne n'est contraint de se soumettre à un gouvernement illégal ou parvenu au pouvoir par la force. Tout acte relevant de ce type d'autorité est irrecevable. La constitution donne à la population le droit de se rebeller pour défendre la démocratie".

"L'opposition au coup d'État va bien plus loin qu'un retour au pouvoir de Zelaya. À terme, le mouvement populaire vise une réunion du pouvoir constituant qui, comme en Équateur et en Bolivie, rendrait le pays au peuple. Selon moi, le coup d'État a stimulé une prise de conscience au sein de la population: je crois que les 101 derniers jours lui ont appris davantage que les 10 dernières années."

"Et la communauté internationale? Elle n'a pas réussi à résoudre le problème. Finalement, les actions menées se limitent à quelques sourires amicaux sur une photo", conclut Reyes.

Autres articles sur le coup d'État au Honduras:

> Lire "Regain de tensions au Honduras" (24/09/2009)
> Lire "Honduras: appel au respect des droits de l'homme" (28/07/2009)





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