En juillet 2009, Plan Belgique lance un projet sur l'enseignement de qualité dans les régions reculées du Laos.
Projets sur Enseignement de qualité pour tous les enfantsEn visite dans une école au Laos
Pour les enfants laotiens, le chemin de l’école est souvent parsemé d’embuches. La barrière linguistique n’est pas le seul obstacle sur leur route. Un rapport de notre collaborateur Programmes Sud, Sven Rooms.
Laos, pauvre parmi les pauvres
Un voyage dans la province de Bokeo confirme la réputation du Laos comme étant un des pays les plus pauvres de la région du Mékong. Mon voyage nous mène à Pha Oudom, à 3 jours de Hoeysay, le chef-lieu de la province. Plan Belgique, en partenariat avec Plan Laos, y soutient depuis juillet 2009 un projet scolaire à long terme (3 ans).
Non loin de Pha Oudom, se trouve le village de Handoi. Il a été créé il y a 3 ans à peine, après un transfert de minorités ethniques issues d’une région montagneuse reculée. Ils vivaient principalement de la culture de l’opium.
Conditions précaires

L’école que nous visitons se trouve juste en dehors de Handoi. Le ‘bâtiment’ est en fait une construction ouverte en bois munie d’un toit de roseau, comparable aux écoles qu’on peut voir en Afrique de l’Ouest. L’école est divisée en 2 parties : les enfants du premier degré d’un côté, les enfants des 2e et 3e degrés de l’autre. Ceux qui souhaitent étudier au-delà du 3e degré doivent aller dans une autre école, à 3 km de là.
Il n’y a pas de toilettes ou d’eau potable dans l’école. Les conditions d’apprentissage sont donc loin d’être optimales, tant pour les enfants que pour les enseignants.
Le taux élevé de décrochage scolaire et de redoublement (1e degré) sont liés aux chiffres d’inscription. Alors qu’il y a 41 enfants inscrits pour le 1e degré, ce nombre chute à 21 enfants pour le 2e degré et 16 pour le 3e degré. Lors de notre visite, nous avons constaté que tous les enfants inscrits n’étaient pas présents pour autant.
Nécessité d’une langue commune

Des enfants issus de 3 groupes ethniques suivent des cours dans cette école sur pilotis: les Lao, les Lamet et les Hmong. Ce mélange d’ethnies au sein de l’école devrait encourager l’apprentissage de la langue laotienne. En effet, les élèves ne pourront communiquer ensemble qu’en apprenant une langue commune. Et ainsi, l’utilisation du lao ne se limitera pas aux murs de la classe.
L’enseignant de 2e année montre des photos d’animaux et d’objets aux élèves. Les enfants expriment dans leur propre langue ce qu’illustrent les photos. L’enseignant donne ensuite la traduction correcte en lao. Une excellente méthode d’apprentissage! Cela illustre néanmoins un problème majeur: ces enfants n’apprennent pas le lao avant la 1e année de l’école primaire! Ils accumulent donc un retard par rapport aux enfants du sud du pays. Le matériel scolaire fait également défaut: pour 41 élèves, nous comptons à peine 15 manuels.
Aux 2e et 3e degrés, on ne parle plus que le lao : une preuve que l’apprentissage de la langue se déroule bien. Nous ne savons cependant pas dans quelle mesure le manque de maîtrise de la langue peut être à l’origine du redoublement ou du décrochage scolaire.
Il reste du chemin à faire
Les enseignants reçoivent un salaire de 1,7 millions de Kip (environ 200$) par mois. En donnant cours dans les 3 degrés simultanément où en travaillant dans une région reculée, ils peuvent espérer un meilleur salaire. Nous partons du principe que le paiement des salaires se passe bien. Le gouvernement tient donc à coeur cet aspect de sa politique en matière d’enseignement. Malheureusement, la pauvreté des habitants, la barrière linguistique et les infrastructures scolaires en mauvais état hypothèquent lourdement la qualité de l’enseignement dans cette province reculée du Laos.



Les droits de l’enfant et leur protection sont au centre de toutes les actions de Plan Belgique. Dans ce cadre, deux documents de référence:


