Françoise, Alain et leurs 3 enfants se sont rendus au Sénégal pendant les congés de carnaval (février 2008).
En savoir plusOrphelin du séisme
À Jacmel, Plan a recueilli le témoignage de Johnny, 16 ans. Sa sœur et lui sont les seuls rescapés de la famille après le séisme qui a frappé Haïti le 12 janvier dernier.
J’étais dans notre maison lorsque le tremblement de terre nous a frappés : j’ai eu juste le temps de sortir. Ma première réaction a été de vouloir rentrer dans les décombres chercher ma famille. J’ai entendu quelqu’un crier "N’y va pas, c’est trop tard, ta mère est certainement déjà morte, tu ne peux pas y retourner et mourir toi aussi". Je l’ai écouté.
J’avais aussi trois sœurs. Il ne reste que Blandine qui a 13 ans. À présent, nous sommes juste tous les deux.
Nous dormons sous un arbre et nous devons mendier car nous n’avons plus rien. Mes vêtements, mon téléphone, mes chaussures sont restées dans la maison et je ne veux pas y retourner. (…) Je dois trouver un job et c’est ce que je demande aux gens mais ils m’envoient balader en me disant que ce n’est pas possible, qu’il y a trop de monde (…).
Nous regardons les avions et les hélicoptères défiler mais ce qu’ils apportent, je ne sais pas, je le suppose. Sans doute de la nourriture, de l’eau et peut-être des tentes. Je vais aller voir si je peux aider à décharger et si j’ai une tente, ça devrait m’aider à mieux dormir sous l’arbre. (…)
Mon école est toujours là, mais je ne pense pas que j’y retournerai car je n’ai pas d’argent et il n’y a pas de travail en Haïti. (…)
Quand je vois tout ça, je pleure. C’est la première fois que je vis un truc pareil. Au début, j’ai eu très peur, j’ai couru, couru… je ne savais pas où aller. Quand j’essaie de dormir, j’y repense tout le temps. Et je prie pour que ça n’arrive plus jamais car presque tout le monde est mort.







