Témoignage Togo

Dans de nombreux pays africains, la loi interdit les châtiments corporels à l’école. Malheureusement, cette interdiction légale est rarement respectée. De plus, le dicton ‘il faut souffrir pour grandir’ est très répandu. Les parents sont souvent les premiers à penser qu’une bonne correction est une excellente méthode d’apprentissage pour leurs enfants... y compris à l’école.

Kossi, 9 ans, témoigne: "C’était un mardi. Le maître m’a posé une question puis il a demandé à la classe si ma réponse était correcte. Certains ont dit ’oui’, d’autres ’non’! Alors il m’a donné le fouet en caoutchouc et m’a dit de frapper ceux qui avaient répondu non. Comme ce sont des camarades de classe, j’ai essayé de ne pas y aller trop fort."

Le maître m’a demandé : ‘est-ce que c’est vraiment comme ça qu’on corrige quelqu’un ?’ et il a commencé à me frapper le dos jusqu’à ce que je saigne. Mes vêtements étaient pleins de sang et j’ai pleuré... quand j’ai raconté ça à ma mère, elle n’a rien dit. Elle n’a pas dit qu’elle irait parler au maître. Je n’en ai pas parlé à mon père parce que j’ai peur de lui."

Ce témoignage n’est pas un cas isolé. Il y a peu, un enseignant burkinabé nous confiait qu’il devait frapper les enfants pour qu’ils respectent leur professeur et apprennent correctement:

Les enfants savent que quand j’arrive en classe avec cette chemise, ils risquent d’être corrigés!"

Les écoles togolaises engagent beaucoup d’enseignants sans formation pédagogique, dans le but louable de scolariser un maximum d’enfants. Ces enseignants appliquent la seule méthode d’apprentissage qu’ils connaissent et qu’ils ont eux-mêmes subie, à savoir : l’éducation au bâton. La violence est physique, morale et sexuelle et mène parfois les élèves, surtout les filles, à quitter l’école. Il n’est pas rare qu’un élève doive accepter une relation sexuelle pour avoir de bons points. Cette pratique est tellement répandue qu’on lui donne un nom dans les cours de récréation : ‘les notes sexuellement transmissibles’!

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