Témoignage Équateur
En Équateur, les abus sexuels sont très fréquents, y compris au sein même de la famille. C’est un phénomène difficile à combattre car la violence sexuelle reste un sujet tabou.
Ximena, 14 ans, brise le tabou et témoigne:
Je m’appelle Ximena et j’habite à Manabí. Quand j’étais petite, j’avais confiance en mes parents à 100%. Un jour, mon père a trop bu et il m’a violée. J’avais 12 ans. Je n’ai jamais compris pourquoi il avait fait ça. Ma grand-mère m’a emmenée chez le médecin : j’étais enceinte. Elle a failli me frapper parce que je ne lui avais rien dit. Mais je l’avais bien dit. À ma maman. Elle m’avait ordonné de me taire et a même menacé de me tuer. Donc je me suis tue.
"Ma maman m’a dit que je devais juste mettre cet enfant au monde; elle s’occuperait de son éducation. Je trouve ça très grave que mon père ne paie pas pour ce qu’il a fait. Pendant ma grossesse, j’ai ressenti beaucoup de rancoeur. Je voulais abandonner mon bébé. Aujourd’hui je l’aime, comme ma fille et comme une soeur. C’est très perturbant. Je me sens encore mal. Je n’arrive pas à me regarder dans la glace. Mais je veux aller de l’avant, avec mon enfant. Mon rêve, c’est de devenir chanteuse."
Les enfants victimes d’abus sexuels n’osent pas porter plainte. Ils ont peur de ne pas être pris au sérieux et de subir des représailles. Il existe pourtant en Équateur un système légal chargé de protéger les victimes : le Sistema Nacional decentralizado de Protección Integral a la Niñez y adolescencia (Sndpina). Dans les communautés et quartiers, des services de médiation et de protection pour les enfants sont prévus : les defensorías comunitarias de la Niñez y adolescencia.
> en savoir plus sur les actions de Plan Belgique pour sensibiliser les enfants et les jeunes à leurs droits






