Interview - La qualité de l'enseignement

"Aller à l'école" ne suffit pas!

Hans De GreveHans De Greve, chargé de plaidoyer pour Plan Belgique, est spécialiste en matière de droits de l’enfant au sein de la Coopération au développement. Ces dernières années, il a principalement été actif dans le domaine de l’enseignement. Au nom de Plan Belgique, il appelle la Coopération au développement belge à mettre davantage l’accent sur les enseignements maternel et primaire dans le Sud.

Pourquoi avoir choisi l’enseignement de qualité dans le Sud comme thème de campagne pour 2011?


Hans De Greve
: Dès la fin des années 90, le nombre d’enfants fréquentant l’école primaire a augmenté de manière spectaculaire à travers le monde. Actuellement, le taux mondial net d’inscription dans le primaire est de 87%.  Toutefois, « aller à l’école » ne suffit pas. L’enseignement est un moyen d’aider les enfants à apprendre, mais  il présente trop souvent des lacunes. Chaque année, des millions d’enfants dans le Sud quittent l’école primaire sans avoir atteint le niveau d’enseignement fondamental requis. Au Vietnam, par exemple, même si les enfants se rendent à l’école, les résultats laissent souvent à désirer.

Comment se définit un enseignement de qualité?

Hans De Greve: La qualité de l’enseignement est trop souvent associée à l’état des bâtiments scolaires. C’est évidemment important. Mais l’aspect capital d’un enseignement de qualité est avant tout l’enseignant et sa manière de donner cours. Nous remarquons que, dans le Sud, beaucoup d’enseignants sont très mal formés et qu’ils utilisent une méthode pédagogique trop traditionnelle. Les enfants ne sont pas activement impliqués dans les cours et retiennent passivement ce que le professeur leur enseigne. De plus, la matière apprise à l’école ne leur est pas utile dans la vie quotidienne car elle n’est pas adaptée à leur propre environnement.

Aucune action n’est donc menée pour développer un enseignement de qualité dans le Sud ?

Hans De Greve: Les gouvernements dans le Sud n’ont certainement pas pour volonté de ne pas développer un enseignement de qualité. Au contraire, ils ont tout à gagner à compter parmi leurs citoyens des personnes ayant reçu une bonne éducation. Problème : les budgets destinés à l’enseignement sont trop limités. Généralement, ils permettent à peine de payer les enseignants et d’entretenir les bâtiments scolaires. Sans ressources financières supplémentaires, il est difficile de mettre en place de meilleures formations et d’engager plus d’enseignants. De plus, il y a un manque d’expérience et de connaissances quant à la manière de développer un enseignement qualitatif. C’est pourquoi, nous demandons à la Coopération au développement belge de soutenir davantage les pays du Sud dans leur mise en place d’un enseignement de qualité.

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