Participation de tous pour l’abolition des mutilations génitales féminines
Selon les estimations de l'OMS, les mutilations génitales féminines (MGF) touchent plus de 130 millions de filles et femmes vivant aujourd’hui. En Guinée, 98% des filles sont concernées. Mais grâce aux efforts de Plan, cinq communautés ont fait le choix d’abandonner cette tradition.
Le terme "excision/mutilations génitales féminines" désigne toutes les procédures chirurgicales consistant à enlever en partie ou dans leur intégralité les organes génitaux externes de la fille ou de la femme, ou à les meurtrir d’une quelconque autre façon, pour des raisons non médicales. Généralement pratiquées sans anesthésie, les MGF renforcent les inégalités subies par les filles et les femmes et constituent une violation des droits universellement reconnus de la personne humaine, notamment du droit à l’intégrité corporelle et à jouir du meilleur état de santé physique et mentale possible.
Ces procédures ont des conséquences variables sur le plan de la santé des femmes, dont souvent des difficultés de cicatrisation, des maladies inflammatoires et des infections des voies urinaires. Les complications gynécologiques peuvent également être particulièrement graves lors des accouchements, sans oublier une plus grande vulnérabilité à l’infection par le VIH.
Depuis le Protocole de Maputo (adopté en juillet 2003), les pays africains sont dans l’obligation de promulguer une loi interdisant les mutilations génitales féminines. C’est le cas dans la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest, mais, à l’exception du Burkina Faso, celle-ci est pratiquement ignorée et les manquements à cette loi ne font que très rarement l’objet de poursuites judiciaires. Il est donc évident que la législation est primordiale mais ne suffit pas.
Un des points fondamentaux des stratégies élaborées par Plan est la reconnaissance que l’abandon de l’excision ne peut se faire que si l’ensemble de la communauté accepte de modifier son comportement. Et comme l’excision est dans la plupart de ces communautés une norme traditionnelle à laquelle les gens sont fortement attachés, il est nécessaire d’entreprendre une intervention tant au niveau communautaire que national, régional, panafricain, qu’international.
Chercher à imposer aux communautés l’abolition des mutilations génitales ne sera ni apprécié, ni efficace. Pour lutter contre ce fléau, Plan adopte une approche participative afin d’aider les communautés à abandonner d’eux-mêmes la pratique.
>> Découvrons les résultats obtenus en Guinée, grâce à l’intervention de Tante Mado.
Soutenue par Plan, elle a mis sur pied une association qui milite contre les MGF. En invitant toute la communauté (hommes inclus) à prendre part aux discussions, elle a réussi à briser le tabou. Aujourd’hui, 5 villages ont définitivement aboli les mutilations génitales féminines.
> Lire le Rapport de Plan "Traditions et droits – L’excision en Afrique de l’Ouest"
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