Sophie, jeune activiste: "Dans mon école, sexualité rimait avec abstinence"

Sophie, 23 ans, se bat pour la santé et l’éducation sexuelles des jeunes en Ouganda
Quand?  
Vendredi 03 mars 2017

Je m’appelle Sophie, j’ai 23 ans et je suis Ougandaise. Je milite pour que les filles puissent choisir quand elles deviendront mamans. Je ne peux pas gagner ce combat seule. Je vous demande donc de vous battre avec moi.

Quand j'avais 13 ans, 10 filles de mon village étaient déjà enceintes. Les gens disaient que "ces filles avaient de mauvaises fréquentations". On m’a même dit qu’elles portaient malheur! Ce qu’on raconte est faux: elles ont des enfants trop tôt parce qu’on ne leur donne pas les clés pour faire des choix informés sur leur sexualité et leur avenir.

J’ai été dans une école où on nous parlait beaucoup de pureté. Sexualité y rimait avec abstinence. Que doit faire une fille qui choisit d’avoir des relations sexuelles? On ne nous en parlait pas. Ce culte de l’abstinence met beaucoup de pression sur les filles. Ici, les adolescentes enceintes sont parfois exclues de l’école. Il y a donc peu de chances qu’elles reprennent les cours un jour. Pourtant, les culpabiliser n’est pas une solution. La solution, c’est d’améliorer les services de santé et d’éducation sexuelle en Ouganda.

Nous avons besoin d’espaces où les jeunes se sentiraient en confiance. Où nous pourrions en apprendre plus sur notre corps, les relations saines, la reproduction. Et où nous aurions accès à la contraception en toute discrétion.

Je donne cours chaque dimanche à un groupe de jeunes. Je les informe sur la contraception et la santé sexuelle. Ce n’est pas au programme, mais je le fais parce que personne d’autre ne le fera.

Avec d’autres jeunes activistes, nous avons milité pour nos droits à la santé et à l’information dans notre pays et nous avons réussi à attirer l’attention sur le problème.

Le 24 mars, nous avons rendez-vous avec les membres du parlement national. Nous leur demanderons d’améliorer les services de santé et l’éducation sexuelle pour les jeunes. Et je compte sur vous pour joindre vos voix aux nôtres.

Je ne peux pas y arriver seule. Serez-vous solidaires de notre démarche pour que toutes les filles choisissent quand elles deviendront mamans et vivent à l’abri de la stigmatisation, de la violence et de l’exclusion?

La pétition est maintenant clôturée. Découvrez les résultats de la pétition

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Le 24 mars, Sophie et d'autres jeunes activistes ougandais soutenus par Plan International rencontreront des membres du parlement national. Photo: Plan/Zute Lightfoot