Fadila, Niger: 15 ans et pas encore maman

Quand une élève brillante échappe de justesse au mariage
Quand?  
Lundi 26 décembre 2016

La première chose qu’on remarque chez Fadila, c’est sa facilité à s’exprimer. Ici et là, elle place même une phrase en français. Les filles qui ne sont jamais allées à l’école ou ont décroché avant l’âge de 15 ans sont beaucoup plus renfermées. Fadila, elle, l’a échappée belle. Elle est déterminée à poursuivre ses études pour réaliser son rêve: travailler dans un centre de santé. Une lueur d’espoir au Niger, où 3 filles sur 4 sont mariées et souvent déscolarisées avant leur dix-huitième anniversaire.

La dot est déjà réglée… J’ai entendu mon père le dire à ma grand-mère, juste avant que je parte pour l’école. Ma mère et mon oncle voulaient me marier à un homme d’un autre village. Un homme que je ne connais pas.”

“Durant la première heure, j’avais cours de math. Je ne parvenais pas à me concentrer. Petit à petit, je me suis mise à pleurer. Mon enseignant m’a demandé quel était le problème, mais je n’arrivais pas à trouver les mots. Inquiet, il en a parlé au directeur, qui m’a convoquée dans son bureau. Je lui ai expliqué que je devais me marier une semaine plus tard."

Le directeur, convaincu que la place de toute fille est sur les bancs de l’école, a promis d’aller s’entretenir avec la mère de Fadila. Son père, qui n’était pas favorable au mariage, était alors au Bénin pour affaire. À ce moment-là, la maman de Fadila était certaine de faire ce qu’il y avait de mieux pour sa fille, à savoir la marier. Impossible de la faire changer d’avis à l’époque.

Sauvée

Un jeune homme d’une autre école a appris qu’une fille de son village allait être mariée. Un mariage d’enfant. Une réalité bien connue des membres du conseil d’élèves créé par Plan. Le jeune garçon a parlé avec son directeur qui s’est à son tour concerté avec le chef du village avec qui Plan collabore étroitement. Le directeur connaissait la mère de Fadila et le chef du village est très respecté. Cette fois, le dialogue a porté ses fruits. La maman de Fadila a compris qu’il était mieux pour la jeune fille de rester à l’école: 

À présent, je comprends que Fadila pourra mieux s’en sortir et s’occuper de nous si elle poursuit ses études."

Quel soulagement pour Fadila. Quelques années plus tard, elle s’avère être une élève brillante, bien décidée à travailler dur pour réaliser son rêve et devenir infirmière.

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Fadila, 15 ans, a échappé de justesse au mariage précoce. Photo: An-Sofie Kesteleyn