Tamira: 25 ans chez Plan Belgique!
Tamira, notre collègue, a soufflé ses 25 bougies Plan le 16 février 2010. Cela fait déjà 25 ans qu’elle s’implique sans relâche pour les enfants du Sud. Jour après jour, Tamira reçoit les sympathisants, volontaires et collègues de Plan avec le sourire. Qui sait, peut-être l’avez-vous déjà eu en ligne! Entre les nombreux coups de téléphone, Tamira a pris le temps de répondre à quelques questions.
Tamira, parle-nous un peu de tes débuts chez Plan Belgique…
J’ai commencé à travailler chez Plan Belgique en 1985 comme employée administrative. Après quelques temps, j’ai obtenu un contrat fixe et j’ai eu la chance de développer tout le volet lié à l’inscription des nouveaux Parrains et Marraines Plan. Cette fonction n’en était alors qu’à ses balbutiements. À l’époque, il n’y avait pas encore d’ordinateurs : toutes les inscriptions de Parrains et Marraines Plan, tous les dossiers des Filleul(e)s Plan… se faisaient manuellement, avec l’aide… du papier carbone!
Quels sont les aspects de ton travail qui te plaisent le plus?
Principalement les contacts humains: avec les Parrains et Marraines Plan, mes collègues dans le Sud, les volontaires… Je communique surtout avec mes homologues dans le Sud, les Responsables Parrainage Plan. Ce lien évolue aussi selon le nombre d’années pendant lesquelles une personne occupe la même fonction. Même si nous ne nous voyons pas, nous sommes en contact par e-mail et par téléphone. Au bout du compte, un lien se crée. Ca fait par exemple 15 ans que je suis en contact avec le Responsable Parrainage de Plan Togo et de Plan Egypte. Ce sont des personnes à qui l’on peut facilement demander une information et qui réagissent rapidement. Ces contacts permettent aussi de mieux connaître le fonctionnement de Plan sur place et d’apprivoiser différentes cultures.
Le fonctionnement de Plan dans le Sud a-t-il évolué en 25 ans?
Il y a très longtemps, il n’était pas encore question de développement communautaire centré sur les enfants. Les projets portaient plutôt sur la construction de puits dans un village, afin que les familles aient accès à l’eau potable. Si nous rénovions des écoles, nous fournissions de bancs et des manuels pour les élèves. À l’époque, les enfants étaient importants, mais étaient toujours un peu à l’arrière-plan. Aujourd’hui, les enfants sont davantage mis en avant. Ils ont reçu une voix. Je le remarque aux rapports qui nous parviennent : maintenant, les enfants ont vraiment quelque chose à dire. L’approche de Plan est totalement différente : nous travaillons vraiment avec et pour les enfants. Ce n’était pas le cas auparavant. Quelques chefs de villages et familles décidaient de ce dont le village avait besoin. Les enfants n’avaient rien à dire dans ce domaine.
Quel est le meilleur souvenir que tu gardes de toutes ces années?
Il y a bien-sûr de nombreux beaux moments, dont on essaye de se souvenir et des moments moins bons, qui s’effacent peu à peu. Ce qui m’a marqué… ? Notre première émission télévisée en 1992. Avec très peu de budget et notre équipe réduite, nous avons tout mis en place en 6 semaines. Ce programme télévisé devait nous aider à trouver de nouveaux Parrains et Marraines Plan, avec la contribution de Flamands célèbres comme Bart Peeters ou les acteurs de FC De Kampioenen. Nous gérions nous-mêmes la centrale téléphonique pendant l’émission, avec 140 autres personnes que nous avions du mobiliser et former en très peu de temps. C’était surtout mémorable parce que nous avions du goupiller tellement de choses avec une si petite équipe. Finalement, tout s’est bien passé : nous avons enregistrés environs 4.000 nouveaux Parrains et Marraines Plan.
Les volontaires qui s’impliquent pour Plan font-ils une grande différence?
Je tire mon chapeau aux volontaires. Vraiment. Après cette émission télévisée, nous avons commencé à former notre propre équipe de volontaires. Plusieurs personnes qui nous avaient aidées pour l’émission ont continué à nous soutenir bénévolement. Depuis lors, le nombre de volontaires à beaucoup augmenté. Pendant des années j’ai aussi accompagné les activités de volontariat internes. J’ai vu passer beaucoup de gens… Ca fait vraiment plaisir de voir tant de gens s’investir gratuitement et ne rien demander en retour. Je trouve ça vraiment super!
Qu’est-ce qui fait la particularité de ce travail?
Les gens me demandent souvent comment j’ai fait pour tenir 25 ans. Mais j’exerce une fonction avec laquelle on grandit. Plan Belgique est vraiment un lieu de travail unique : on entre en contact avec d’autres cultures, avec un autre monde. Ca nous rapproche tous un peu, bien que nous soyons séparés de milliers de kilomètres. Ca fait tout l’intérêt du job, mais ça lui donne aussi beaucoup de sens. Et finalement, on pense : « ok, je suis juste une petite partie d’une grande organisation, mais nous travaillons tous dans le même objectif ».
Et c’est justement cet objectif qui m’attire : l’amélioration des conditions de vie des enfants. J’y contribue un peu, car je ne fais certainement pas ça seule… des milliers de collègues sont impliqués. Participer à quelque chose qui a du sens, qui donne du sens à sa vie, pour les enfants… Je trouve ça important.
Souhaites-tu encore passer un message à tous les sympathisants ou collaborateurs de Plan?
Je sais que les temps sont difficiles pour beaucoup de gens. Et j’imagine sans difficulté que beaucoup se disent : ‘je ne peux plus me permettre cette contribution, car je dois épargner’. C’est une décision que je comprends parfaitement, mais je pense qu’il est essentiel que nous fassions tous un effort pour que le travail de Plan Belgique en faveur des enfants du monde entier puisse se poursuivre. Et ce malgré ces temps difficiles.





